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Avis de l’association sur le PLU d’Eaubonne

ÉTUDE DE L’ASSOCIATION « BIEN VIVRE DANS LE QUARTIER DE LA GARE D’ERMONT-EAUBONNE »

Objet : consultation des personnes publiques et associées dans le cadre du PLU

L’objet de notre association, comme le rappelle l’article 1 de nos statuts, est « d’étudier tous les moyens visant à garantir ou améliorer le cadre de vie et la protection de l’environnement pour les résidents, commerçants et artisans du quartier de la gare d’Ermont Eaubonne, en intercommunalité entre les villes d’Eaubonne et d’Ermont ».

C’est dans cet esprit que nous avons collectivement étudié le PLU et que nous vous faisons suivre nos avis et commentaires sur ce document qui engage l’avenir de la commune d’Eaubonne et par là même l’avenir de notre quartier.

Avec le PADD (PROJET D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT DURABLE) et le PLU (PLAN LOCAL D’URBANISME) la commune réfléchit à son avenir et souhaite faire une politique soucieuse des générations futures et des besoins qu’elles génèrent.

La commune lance des orientations qui doivent permettre de favoriser le développement cohérent des quartiers en affirmant leur identité et en créant des liaisons entre eux.

Concernée par ces orientations, l’ Association Bien Vivre dans le quartier de la gare a donc étudié le dossier et formule désormais les remarques et souhaits suivants appuyée en cela par des photographies aériennes du quartier :

1) SPECIFICITE DU QUARTIER AU REGARD DE LA COMMUNE

Le quartier de la gare est actuellement en pleine mutation. Il présente la particularité d’avoir deux pôles définis en quartier NORD et quartier SUD, avec comme limite entre eux la gare et les voies ferrées. Le quartier Nord présente, du moins dans la partie couverte par le projet de ZAC, des immeubles vétustes voire insalubres. Le quartier Sud est un quartier essentiellement pavillonnaire et normalement entretenu.

La communauté d’agglomération Val et Forêt va créer une ZAC dans le cadre de l’aménagement du quartier de la gare qui touche les deux villes d’Ermont et d’Eaubonne.

Une gestion cohérente impliquerait que les spécificités urbanistiques de la ZAC devraient être en conformité avec les orientations générales du PLU, même si une ZAC peut générer quelques spécificités. Or, le PLU d’Eaubonne s’adapte au projet de la ZAC et non le contraire.

Ainsi, le classement du parking reliant la rue des Bouquinvilles à la rue des Bussys en îlot USP alors qu’il est intégré dans le tissu pavillonnaire classé UG !. L’implantation d’immeubles dans cet espace va à l’encontre du respect de l’identité pavillonnaire très marquée de ce quartier. La même situation s’est produite lors de l’étude du PLU d’Ermont. Le quartier situé entre les rues Buisson et Grand Grill, dans un quartier pavillonnaire se trouvait intégré dans une zone U2 (USP pour Eaubonne). Le maire d’Ermont, à l’issue de l’enquête publique, a annoncé en réunion publique, le maintien de ce secteur en U1 (UG pour Eaubonne). Il faut respecter au Sud le maintien du tissu pavillonnaire qui s’intègre avec celui de la ville d’Ermont.

L’implantation d’immeubles sur l’îlot des Bouquinvilles va à l’encontre de la dominante pavillonnaire de ce secteur. Nous demandons donc l’intégration de ce parking en zone UG pour qu’il reste en harmonie avec l’existant alentour.

En revanche, dans le Quartier Nord, le projet d’habitat collectif en remplacement d’un habitat déjà collectif mais vétuste semble cohérent d’autant plus, qu’il est en harmonie avec la création d’immeubles collectifs sur la commune d’Ermont limitrophe.

2) PLAN DE RECUL

Sur la rue des Bouquinvilles, il est difficile de comprendre pourquoi le plan de recul est de 20 mètres sur le parking alors qu’il est de 8 mètres sur le même trottoir bordant ce parking. Nous demandons donc que ce recul au niveau du parking soit également de 8 mètres.

3) CRÉATION DES LIAISONS ENTRE QUARTIERS

Certains quartiers sont aujourd’hui désenclavés du reste de la commune. C’est le cas du quartier de l’Alliance. Il conviendrait de permettre aux voitures de relier ce quartier avec le centre ville. Actuellement seul un passage piéton existe. Une voie passant sous la voie ferrée au droit de la rue Edouard Vaillant permettrait ce désenclavement.

4) DENSIFICATION

Les nouvelles options réglementaires choisies sur le territoire de la commune, telles que la disparition des minimums parcellaires, permettront une certaine densification, puisque la surface au sol construite pourra atteindre 40% de celle du terrain.

Par contre la non constructibilité, en zone UG, au delà de 25 mètres à partir de la clôture, évitera une densification de construction en fond de terrain. Nous devons toutefois faire remarquer que les propriétaires de certains terrains enclavés vont se trouver défavorisés puisque leur terrain devient inconstructible. Par ailleurs, l’espace vert privé profite ainsi à la collectivité, ce qui est une bonne chose en soi, mais il ne faudrait pas que, par cette mesure, la commune se décharge de ses obligations en matière de création et d’entretien d’espaces verts collectifs.

Nous relevons également une certaine incohérence dans la découpe des parcelles. Ainsi la zone UA s’étend rue Condorcet pour bifurquer dans la rue Jean Jaurès au n°9. A cet endroit, la zone UA devrait suivre les terrains parallèlement à la rue du général Leclerc, et nous demandons que les terrains correspondants aux n° 5 et 7 rue Condorcet réintègrent la zone UG . Ceci permettrait un passage plus harmonieux entre la zone d’immeubles et la zone pavillonnaire avec le maintien d’une belle maison et son jardin à l’angle des rues Condorcet et Jean Jaurès qui serait ainsi le début d’une zone qui est ensuite déjà classée en UG.

5) ESPACES VERTS 

Le projet prévoit de consacrer 60% de surface non construite en élévation, en surface végétale. Cette mesure de répartition entre surface naturelle et surface bâtie doit se retrouver dans le cadre du renouvellement du quartier de la gare ?

Si nous nous référons au chapitre intitulé « Espaces Verts Remarquables », nous constatons que l’alignement d’arbres du parking des Bouquinvilles est répertorié au numéro 37. Nous ne pouvons que regretter que cet environnement remarquable soit intégré dans la zone USP avec construction d’immeubles et donc suppression de ces arbres.

Nous demandons la conservation de ces arbres puisqu’ils sont répertoriés.

Pour préserver un environnement de qualité dans le quartier Nord, il convient de classer en espaces verts remarquables les allées d’arbres restants des deux côtés de la rue Condorcet, dans la rue du Bel Air, la rue Pierre Curie et de la rue Jean Jaurès. De même les piliers des clôtures de la rue Jean Jaurès doivent être maintenus.

6) ATTRACTIVITÉ DU QUARTIER

Une des exigences de ce projet est de réaffirmer l’attractivité du centre ville, de ne pas démultiplier les services dans les quartiers secondaires et donc en conséquence d’améliorer le réseau urbain en particulier par les voies de circulation douce (vélo par exemple) pour mieux accéder au centre ville. Si bien entendu, nous sommes favorables au développement des voies en circulation douce avec un maillage cohérent, nous considérons que le quartier de la gare doit posséder un minimum de services et d’infrastructures pour ne pas devenir un quartier uniquement de passage et « dortoir ».

Avec les constructions du côté d’Ermont, le quartier comptera trois mille habitants, une gare régionale et une zone économique. Ce sont autant d’atouts qui nous poussent à demander une infrastructure minimale de services marchands et non marchands. Certes, les centres ville doivent être maintenus mais aujourd’hui les villes dans notre région francilienne sont imbriquées les unes aux autres et parfois certaines particularités entraînent une centralité dans des quartiers.

Par ailleurs ce projet est intercommunal. Laissons le centre ville aux communes d’Ermont et d’Eaubonne et affichons la carte intercommunale sur ce quartier en favorisant l’implantation de services intercommunaux marchands et non marchands. Le maintien sur le quartier des services de Val et Forêt pourrait être un signe fort de cette démarche, montrant ainsi une volonté d’évolution en « intercommunalité » de ce quartier, ce qui nous semble très important, car répondant aux caractéristiques locales et à la modernité.

Note : Le paragraphe ci-dessous a fait partie de l’ additif remis quelques jours plus tard au commissaire enquêteur.

L’association estime que l’implantation d’un minimum de services intercommunaux dans le quartier de la gare, loin de désactiver ceux existant en centre ville, aurait pour effet d’éviter aux très nombreux habitants du quartier, de l’ordre de 3000, des déplacements systématiques pour se rendre soit au centre d’Ermont, soit au centre d’Eaubonne, dont on peut penser qu’ils seraient très certainement faits en voiture, ce qui aurait pour conséquence d’accroître les embarras de circulation que l’on veut justement limiter.

7) STATIONNEMENT

Dans son diagnostic territorial la commune prévoit de favoriser une politique de stationnement cohérente et adaptée, nous remarquons certaines insuffisances.

Le stationnement est un problème majeur de notre époque. Autant nous comprenons les efforts déployés par la commune pour améliorer la situation (zones de stationnement limité, amélioration du réseau de bus, voie en site propre prévue à la gare,) autant nous ne comprenons pas la décision de ne réserver qu’1,5 place de stationnement aux futurs résidents et qui plus est avec une seule place couverte. Limiter ainsi ce nombre de places correspond à programmer dès maintenant une saturation de voitures en stationnement sur l’ensemble du quartier. Il convient de rappeler que le projet s’inscrit dans le cadre de l’Aménagement et du Développement Durable.

Par ailleurs les invités des résidents ne viendront pas obligatoirement en transport en commun. Il faudra bien qu’ils trouvent dehors un espace de stationnement car de surcroît à partir de certaines heures de la nuit, il n’y a plus de transport en commun.

Pour les commerces, il convient de prévoir des zones de livraison et des zones d’arrêt pour le temps des courses. De même, chaque immeuble abritant un ou plusieurs commerces devrait-il comporter autant de places de stationnement que de locaux commerciaux abrités pour les besoins des exploitants de ceux-ci. C’est un minimum si l’on ne veut pas décourager les candidats à l’implantation.

Certains immeubles actuels de la rue du général Leclerc ne comportent pas de parking. A moins que ces immeubles ne soient promus également à la démolition, il convient de prévoir des places de stationnement pour ces résidents.

Concernant la crèche à horaires décalés qui sera implantée rue des Bussys, aucune place n’est prévue permettant la dépose des enfants. La norme est de 6 places pour 60 berceaux et de 2 à 10 places pour la desserte par les parents.

Un manque de places de stationnement c’est créer d’ores et déjà des difficultés de vie à venir.

Note : Les 3 paragraphes ci-dessous ont fait partie de l’additif remis quelques jours plus tard au commissaire enquêteur.

La limitation du nombre de places de stationnement dans le quartier de la gare a été justifiée par une mise à disposition de transports urbains.

Or, si on se réfère à la loi d’orientation des transports intérieurs dite LOTI du 30.12.1982 modifiée, on s’aperçoit que ladite loi, article 28-1-2, permet , lorsque les conditions de desserte par les transports publics sont remplies, de réduire ou de supprimer les obligations imposées en matière de réalisation d’aires de stationnement. Cependant, cette restriction ne vise que la construction d’immeubles de bureaux à l’exclusion des immeubles à usage d’habitation (disposition reprise dans le code de l’urbanisme art : R 123-11).

Il apparaît donc à l’association, que la limitation du nombre de places de stationnement , dans les immeubles d’habitation du quartier de la gare, par rapport à celui fixé dans les autres quartiers, n’apparaît pas avoir de fondement légal. L’association demande donc que pour les immeubles à usage d’habitation du quartier de la gare, la norme de 2 emplacements de stationnement par logement prévue dans les autres quartiers, soit appliquée aux immeubles d’habitation du quartier de la gare.

8) HAUTEUR DE CERTAINES CONSTRUCTIONS

Il est à noter une différence de hauteurs de construction entre la zone UA et la zone USP, qui résulte d’une adaptation du PLU à la future ZAC. Ne serait-il pas judicieux d’harmoniser ces hauteurs en appliquant les règles de la zone UA à la zone USP.

Photos jointes

Quartier des Bouquinvilles - 131.6 ko
Quartier des Bouquinvilles
Quartier Nord - 122.6 ko
Quartier Nord




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